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Date de création : 08.03.2010
Dernière mise à jour : 26.12.2014
72 articles


Souvenirs d'enfance

un souvenir

Publié le 09/02/2011 à 16:31 par louisjules Tags : image photo coeur

un souvenir ? c'est une image  une photo encadrée que l'on accroche soit dans un coin de sa mémoire  , soit dans son coeur . Accrochée dans sa mémoire  on la regarde  de temps en temps , accrochée à son coeur , c'est tout les jours que l'on y passe devant et qu'on y jette un coup d'oeil .

 
 

kiki mon chien

Publié le 16/11/2010 à 08:53 par louisjules Tags : monde homme belle mort divers nuit animal chien

                             

 

 

 

 

Kiki était un adorable toutou né beagle d'origine incertaine, par sa mère, et d'un père "enfant" du village mais issu de divers croisements, qui conféraient à sa progéniture le titre d'authentique bâtard. La seule qualité de Kiki était sa gentillesse, son affection pour les membres de la famille. Nous l'avions recueilli à l'âge de trois mois et mon père chasseur, voyait en lui un chien d'exception pour la quête du lapin. Hélas! Il se révéla un piètre auxiliaire, les coups de fusil lui faisaient peur, les papillons ou les lézards l'intéressaient bien plus que les "longues oreilles». Kiki avait tout de même un certain talent qu'il exerçait avec passion, beaucoup trop peut-être, sa vocation, sa manie, était de courser les poules. Il faut dire que j'avais un peu suscité cette vocation, en l'incitant à se jeter sur les pauvres gallinacées. Il suffisait de lui dire: «Allez kiki " et la poule à plumes se retrouvait... à poil. De ce temps là la volaille se nourrissait dans les rues du village, les poules de Pierre avec les poules de Paul, puis le soir venu chacune rentrait à sa basse-cour respective. Un soir Kiki ne rentra pas à la maison; Cela n'était pas dans ces habitudes et on imagina que le printemps réveillant ses ardeurs de mâle, il était à la recherche d'une belle à qui il ferait une tripotée de chiots venant  renforcer sa lignée de bâtard. Le lendemain matin, tout penaud, voila notre "découcheur" qui rentre à la maison et va se blottir dans un coin de la cuisine essayant de se faire oublier et peut-être pardonner ses fredaines de la nuit passée. Toute la matinée il ne bougea pas. Vers midi nous sûmes la raison de son escapade, moins romantique que nous le pensions, monsieur Nicolas vint nous rapporter l'incartade de Kiki dans son poulailler. Kiki aurait tué plusieurs de ses poules, il ne pouvait s’agir d'un renard, il s’agissait bien de notre chien d'ailleurs tout le monde connaissait son aversion pour les volailles!!Mon grand père lui dit :" si tu est certain qu'il s'agit de notre chien que veux tu que je fasse?" L'homme lui répondit : " il  faut le tuer car il recommencera." Mon grand père ni mon père ne pouvant se résoudre à cette basse besogne, rétorquèrent : "si tu te sens le courage de le faire, fais-le." Le sort de kiki venait de se sceller......Le lendemain monsieur Nicolas emporta mon ami et le tua dans des conditions qui ne sont pas dignes d'un être humain. Des années plus tard mon père me raconta le détail de l'assassinat de ce pauvre animal. Sa mort fut si atroce, je ne peux toujours pas me résoudre à l’évoquer.

LA SIESTE AVEC PAPE

Publié le 04/07/2010 à 19:40 par louisjules Tags : moi histoire enfants nuit voyage

769434c29ae37ed6161db4ccc4a2c4b3.jpgQuel délice quant vient l'été, lorsque le soleil vous fournit généreusement ses 40 degrés, de faire un petit "pénéqué" juste après le repas de midi, quand la digestion vous plonge dans cette délicieuse indolance. les volets de la chambre clos depuis le matin, difusent une pénombre rafraichissante qui s'étale sur la blancheur du drap et semble vous inviter au voyage. Sous les toits les moineaux piaillent à qui mieux mieux, on devine des disputes car chacun veut sa place. Malgré la chaleur torride qui règne sous les tuiles, ce refuge leur procure l'ombre nécessaire qui évite de cuire leur minuscule cervelle ... Voilà j'ai planté le décor ; ce personnage attiré par les bras de la divinité Morphée ,est mon corpulent grand-père qui veut amener avec lui au pays des rêves ce petit garçon de 6 ou 7 ans que j'étais, afin qu'il se repose durant les heures les plus chaudes. Mais que de concessions devait-il faire ! D'abord raconter une histoire, puis permettre de jouer à califourchon sur sa bedaine, promettre que nous ne dormirions pas et pui et puis ... et puis papé s'endormait. Je restais là allongé près de ce géant qui me rappelait l'histoire du petit poucet, ses ronflements devenaient les grognements de l'ogre, ses pieds me semblaient chaussés des bottes de sept lieues mais je réalisais bien vite que ce n'était que mon adorable grand-père. Mon regard explorait la pièce mes yeux s'accommodant à la pénombre, retrouvaient à leur place les objets familiers posés sur la commode ou les tableaux accrochés aux murs, comme cette fresque en bois sculpté représentant deux moineaux l'un en face de l'autre sous lesquels est inscrit un verset de la sainte bible : Luc 18/16 "laissez venir à moi les petits enfants ..." Pendus devant la fenêtre les lourds panneaux de cotonnade confectionnés au crochet, projetaient par les mailles une multitude d'impacts lumineux qui me rappelaient la voûte céleste parsemée d'étoiles comme une nuit de la St Jean. Dans la quiétude de cette atmosphère je guetais le moment où a la cuisine au rez-de-chaussée, j'entendrais enfin quelqu'un sûrement ma grand-mère, qui ayant fini de se reposer dans la chambrette du bas, reprenait ses occupations dans la maison. Alors je me glissais doucement hors du lit et je la rejoignais à pas feutrés. Papé ne s'était aperçu de rien, ses ronflements me le confirmaient.

MON ONCLE CE MAQUISARD

Publié le 24/01/2010 à 18:27 par louisjules Tags : bonne vie monde homme photo chez enfants amis france dieu

 

photo-france,photo-drapeau-francais,08.jpgNous sommes en juin 1943 il vient de recevoir son ordre pour partir en Allemagne effectuer les travaux obligatoires instaurés par Hitler, il a juste 21 ans. "Je ne partirai pas en Allemagne, si l'on m'oblige je sauterai du train en marche, je ne travaillerai pas pour les boches !" "Nous te cacherons quelque part dans la maison ou ailleurs" lui dit son père qui avait fait la drôle de guerre, celle des tranchées où des enfants qui avaient tout juste 18 ans, étaient baptisés soldats et envoyés sur le front se faire massacrer, c'était le nombre qui faisait la puissance d'une armée. Il revint les poumons brûlés par les gaz, et garda toute sa vie des séquelles..."Non, non, je ne veux pas me cacher ici, vous savez qu'il y a des miliciens et s'ils me découvrent nous serons tous fusillés, c'est trop risqué." Dans le village voisin chef-lieu de canton, un pasteur s'occupait de rassembler des jeunes afin de les soustraire aux travaux obligatoires, le but étant de conserver un potentiel de force rendu opérationnel le moment venu. Mon grand-père rencontra cet homme d'Eglise qui l'informa qu'un maquis comme l'on disait, se constituait dans la forêt d'Aire de Côte. Le Pasteur le mit donc en relation avec le commandant et mon oncle rejoignit le 6 Juin la cinquantaine de jeunes maquisards déjà rassemblés. Ces derniers ne possédaient que quelques fusils de chasse comme moyen de défense, ils vivaient dans un baraquement en planches, leur vie se résumait à attendre, attendre l'heure de relevé des sentinelles, attendre les armes que l'armée américaine devait leur envoyer, attendre les provisions... Un matin le 1er juillet 1943 de fort bonne heure, le chef étant informé qu'un traître les a vendus aux allemands, il était impératif de quitter le camp sur l'heure. Aussitôt les sentinelles furent retirées de leur poste d'observatoire, les paquetages bouclés, tout le monde sur le pied du départ. Hélas... qui ne croit pas à la fatalité ? Un orage comme ceux que l'on connaît en Cévennes au mois de juillet s'abat sur eux, les tonnerres résonnaient de montagne en montagne. Aussitôt leur chef décida de différer le départ, attendre que le ciel soit plus clément. Quelle imprudence sachant qu'ils pouvaient être attaqués à tout moment ! Cette regrétable décision est-elle due à une erreur de jeunesse ou toujours à cette foutue fatalité ? Dans la cabane l'ambiance est bonne enfant, à 20 ans on se croit immortel, certains étaient debout sur la table et amusaient la compagnie. Dehors la pluie redoublait d'intensité... Subitement le guetteur embusqué derrière la fenêtre hurla : "les boches" et les balles se mirent à crépiter sur les parois du baraquement et sur sa toiture en acier. Les réfractaires, nom donné aux résistants par les allemands, s'enfuirent de toute part comme des lapins détalant d'un roncier. Il y a des morts, il y a des blessés, quelques maquisards ont pu peut-être s'échapper mais tout fut très vite terminé... La pluie s'est brusquement arrêtée, on se demande quelquefois de quel côté est Dieu ! Les allemands (les fritz) rassemblèrent les survivants et les alignèrent sur un ponceau sous lequel l'eau coule un mètre cinquante plus bas, mon oncle est parmi eux d'après le souvenir de ses camarades rescapés. Soudain un jeune prisonnier perdit l'équilibre et chuta en contrebas. Pensant qu'il cherchait à s'échapper les fritz mitraillèrent faisant d'autres victimes, la confusion fut totale. Ce sont les seules et dernières informations que mes grands parents auront de leur fils... Ma cousine est née peu après le départ de mon oncle. Des amis viennent lui rendre visite chez ses parents vivant à la maison familiale. Au cours de la discussion ils lâchent la terrible nouvelle : "le maquis d'Aire de Côte vient d'être attaqué". Comment avaient-ils su la chose alors que mon grand père l'ignorait ? Aussitôt sans rien dire, car personne ne connaissait l'endroit où se cachait leur fils, il s'esquiva de la pièce et se rendit au village voisin de Lédignan chez le Pasteur qui lui même ne savait rien.

MON ONCLE CE MAQUISARD (suite)

Publié le 23/01/2010 à 18:43 par louisjules Tags : vie photo chez amis france chien mort enfant

 ....Ce père rongé par l'inquiétude partit à vélo à Aire de Côte environ 85 km faisant étape chez des amis à St Jean du Gard, Saumane. Enfin quelques jours après son départ il arriva sur les lieux du désastre, il y avait encore des allemands qui rodaient tels des charognards et brûlaient les affaires des maquisards. Ces Cévennes empestaient la mort. Il déterra les jeunes victimes et nettoya leur visage, il en reconnut certains, ainsi des familles purent récupérer leur cher enfant mais jamais il ne reconnut le sien. Mon grand-père trouva dans les cendres encore fumantes ses couverts à moitié calcinés et quelques objets personnels. Il redescendit vers la plaine avec l'immense espoir que son fils fut vivant, blessé et hospitalisé ou bien envoyé en Allemagne pour accomplir ces fichus travaux obligatoires, mais certain qu'il allait avoir des nouvelles, il était exténué. Mes grand-parents entreprirent des recherches auprès des autorités civile et militaire et ils consultèrent sans résultat les listes de déportés vers les camps de concentration. Toutes les hypothèses furent émises la moindre rumeur exploitée, malgré leurs incessantes recherches ils ne retrouveront jamais MARCEL... Au regard de l'Etat Civil il n'était pas mort, il n'était pas vivant il était ce qu'il y a de plus terrible : il était mentionné DISPARU. Il a fallu 30 ans ou plus pour qu'on lui accorde le statut de défunt. Son nom figure maintenant sur le monument aux morts de la commune mais le temple du recueillement pour la famille restera toujours ce coin d'Aire de Côte en forêt domaniale où se cache la vérité. C'est là que ces camarades l'ont vu vivant pour la dernière fois, c'est là que nous le sentons près de nous... Marcel fut le seul vrai maquisard du village, il ne mourut point en héros, il ne fit pas d'entrée triomphante dans le village arborant le brassard FFI, il fut abattu très certainement comme un chien enragé et enterré à la sauvette quelque part dans ces montagnes, déjà jadis théatre de l'intolérance... Totalement réfractaire à l'Allemagne nazi il fut un terroriste aux yeux de l'ennemi. Pourtant pas une rue, pas une ruelle, pas une pierre de son village natal AIGREMONT ne porte son nom. Il y a la rue du Nord, la Montée des Chasseurs, la Place au nom d'un député maire, mais pas le moindre petit clin d'oeil à cet enfant du pays qui préféra prendre le "maquis" plutôt que de servir l'Allemagne : "Marcel on t'aime".

PS : Cette synthèse, parenthèse de la courte vie de Marcel Loubier (1922-1943) est écrite d'après le récit maintes et maintes fois raconté par mon grand-père Louis Loubier.photo-france,photo-drapeau-francais,08.jpg...

Le milicien qui dénonça le maquis de Aire de Côte, fut rapidement arrêté par les résistants et fusillé.

Baiser d'aloescents

Publié le 06/11/2009 à 12:01 par louisjules

J'en rêve encore de ce baiser volé et maladroit.J'avais quinze ans et elle quatorze, c'était je crois le vrai premier baiser passionné, en fermant les yeux, il avait le goût de la boule de gomme quelle mâchait .J'éprouvai un sentiment de plénitude et lorsque l'étreinte s'acheva , je passai ma langue sur mes lèvres mouillées afin de ne pas perdre une miette de cet instant d'éternité.

Ha les Rousses

Publié le 06/11/2009 à 00:07 par louisjules

BELLE PEPETTE.gifIl y a bien longtemps , à l'École primaire j'étais assis aux côtés d'une  rousse à la chevelure incendiaire, et au visage constellé de taches de rousseur , deux beaux yeux verts éclairaient son minois épanoui.Cette coquine travaillée par les démons de la puberté sans doute,avait pris l'habitude de me montrer son minou en classe, tout en faisant mine d'écouter l'instit d'un air très studieux.Elle m'informait qu'il était l'heure de l'inspection en me donnant un coup de coude , puis dégageait prestement sa robe sur laquelle elle était assise et écartait sa petite culotte blanche.....Hélas je ne suis resté que trois mois aux côtés de cette ingénue exibitrice, qui malgré mon jeune âge me faisait monter des bouffées de chaleur.................J'ose espérer quelle se reconnaîtra .

 

le faucheur

Publié le 07/06/2008 à 22:55 par louisjules Tags : homme nuit travail divers art

180px-Scythe_user faucheur.pngAVANT PROPOTS: Voici un bout de récit de Elie Olivier né au commencement du siécle à Saint jean de Serre dans le gard et ami de mon grand père.


Tous les hommes du village savaient faucher au commencement du siècle et frapper la faux. la frappe est un art.On ne peux affûter le fil à la pierre s'il n'a pas été frappé correctement sur l'enclume avec le marteau.
Les travaux de la terre étaient divers au moment de la fauchaison.La vigne récquérait les soins printantaniers;Les vers à soie multipliaient par deux les heures de travail.Les gens empiétaient sur les heures de nuit.Les impératifs de la magnanerie les poussèrent à demander aide à un homme de la montagne.C'est ainsi que Martin le faucheur descendit de la Lozère; Que nul ne s'étonne du verbe; Martin habitait au environ de langogne donc en altitude.C'était un homme grand , large d'épaules et un peu courbé bien qu'il fut dans la force de l'âge.
On ne connaissait pas de faucheur qui fut droit comme un laboureur.Celui-ci oeuvre les yeux fixés sur l'horizon, le faucheur les abaissent sur terre.
Il arrivait par la route de lézan, à pied. Le sol résonnait sous ses pas. C'était un pas lourd qui réjouissait ceux qui l'attendaient à l'entrée du village;Il portait le manche de la faux encastré dans le creux de l'épaule , la main serrait la poignée infèrieure.
Le bout pointait au dessus de la tête. Il tenait le tranchant à la main, enveloppé soigneusement dans une toile.
L'acier se balançait au long du corps et rythmait la marche du voyageur.Le "coutiou" était accroché à sa ceinture.La pierre à aiguiser pointait au-dessus du coffin. il fauchait la première coupe des prés ensuite il retournait en Lozère à la fauchaison plus tardive.......

MON VILLAGE

Publié le 01/06/2008 à 14:45 par louisjules Tags : chez enfants fille annonce hiver

2d2c2c35caca1bf15394d492a5c2ead1.jpgLorsque vous venez de Nîmes par la CD 99 en direction d'Anduze, à partir de Fons Outre-Gardon vous serpentez sur une route bordée d'une épaisse végétation, rappelant le maquis de la garigue Nîmoise et qui heberge une manade de taureaux Camarguais, que l'on peut apercevoir broutant paisiblement le long de la clôture longeant cette voie, jusqu'à l'entrée du village de Montagnac. A la sortie du bourg, juste avant d'aborder la descente, arrêtez vous sur le bas côté et admirez! De là vous surplombez jusqu'au pied des cévennes, la plaine essentiellement agricole où au début de l'été, les champs de blé font des tâches blondes parmi les vignes verdoyantes et les massifs de genêts. L'Aigoual domine les cévennes et apparait à l'arrière plan de la chaine du Liron, si votre regard se prolonge vers l'est vous devinez le Ventoux qui émerge parfois de la brume, laissant apparaitre l'hiver ses sommets enneigés. Sous vos yeux au bas du plateau de Lédignan, vous apercevez juché sur son promontoire mon village Aigremont. C'est là où je suis né chez mes grand-parents maternels, dans ce même lit où sont nés ma mère ainsi que mon oncle, ma tante et ma cousine. C'était la tradition dans nos campagnes, la fille accouchait à la maison paternelle, entourée de la mère et de quelques matrones à qui l'on faisait appel pour leur expérience, d'ailleurs c'était ces mêmes personnes qui lors d'un décès dans la commune, allaient prodiguer au défunt ses derniers préparatifs... Je veux vous parler de cet Aigremont, celui de mon enfance où les gens de la terre vivaient, travaillaient et mouraient au village. Aigremont aujourd'hui n'est qu'un pigeonnier où l'on rentre le soir pour dormir et le lendemain on repart à la ville à tire d'ailes chercher son "grain". Non ! mon Aigremont a une âme, il a l'âme des gens simples de la campagne, de ces anciens qui se nommaient : "Roque, Floutier qui possédait un troupeau de moutons et dont le pastre s'appelait Ernest, Pons, Causse, Loubier, Clément, Robert dit le "laitier" qui fournissait le lait de ses propres vaches aux aigremontois". Je pourrais citer toutes les familles qui composaient le village et les mas car toujours présentes à mon esprit. Les soirs d'été les gens s'assayaient devant leur porte "pour prendre le frais" , suivant l'expréssion consacrée, à la lueur du pâle éclairage public composé d'une simple ampoule sous un abat-jour émaillé. C'était le garde communal Monsieur Crouzet qui remplaçait les lampes grillées, c'est lui également qui était chargé de faire les publications municipales, de grands coups de trompette suivis de : "avis à la population" précédaient l'annonce. Les enfants jouaient autour du village sous la luminosité blafarde qui baignait les vieilles ruelles, seuls leurs éclats de voix venaient à peine troubler cette atmosphère paisible.



"Lorsque les années pessant sur mes paupières
Quand sur mes jours passés mes yeux se fermeront
Sous l'ombre du cyprés dans ce vieux cimetière
Je veux dormir encor en ton sein, Aigremont
."

GRAND PERE LIT SON JOURNAL

Publié le 14/05/2008 à 13:45 par louisjules Tags : moi lecture

Grand Père Elie Aigoin.jpgLorsque grand père rentrait des champs, vers 11h30, il se lavait les mains, s'asseyait à sa place habituelle prés de la table et prenait le journal posé à proximité sur la tablette encastrée dans l'embrasure de la fenêtre.Il se plaçait de profil par rapport à la source lumineuse, afin de concentrer la lumière, qui l'été, filtrait par les volets mi clos, mis à "l'espagnolette" comme on avait l'habitude de dire.Mon grand père était une personne à la carrure imposante au poids non négligeable de 120 kg, il portait fréquemment un gilet à gousset, dans laquelle il glissait sa montre, son pantalon était en "velours" ou de toile épaisse et se coiffait d'un chapeau qu'il préfairait à la casquette.C'était une personne adorable comme beaucoup de Papi, pour moi c'était "papé", je n'ai découvert le terme de papi que lorsque je suis devenu mois même un grand père, il parait que cela fait moins vieux! Je devrait dire:" grand père lit son journal.......d'un oeil" car de l'autre je crois bien qu'il dormait. La cendre de sa cigarette tombait sur son gilet et quelque fois le mégot, ce qui rèveillait son oeil endormit et lui permettait de reprendre le cours de sa lecture. Pendant ce temps ma grand mère finissait de préparer le repas, puis la table mise et la famille réunie,il posait le journal sur la tablette, rapprochait sa chaise de la table, ouvrait son "opinel" et tournait la salade....